{STOP!} Arrête de vendre tes créations - Selma Païva

Vivre de sa créativité, qu’est-ce que ça veut dire?

Si tu fais partie de ceux et celles qui fabriquent des objets physiques : ça veut dire, commencer par arrêter de vendre tes créations. Sérieusement.

Aujourd’hui, on s’intéresse particulièrement aux manuels, mais si tu vends des services ou des prestations, la démarche te concerne aussi !

La mauvaise – et la bonne – raison de vendre

  • Pendant ma 1ère grossesse, j’ai passé beaucoup de temps à la machine à coudre. J’ai produit des bavoirs à la douzaine, des sorties de bain, des sacs, tapis, tours de lit…et quand quelqu’un passait à la maison, on me disait “Wow! Tu devrais les vendre!”. Mais ce qui me motivait à fabriquer tout ça était purement personnel, et je n’avais aucune envie de le faire pour quelqu’un d’autre. J’aurais bien voulu : c’était il y a 5 ans, et l’envie de changer de métier me démangeait. Mais vendre ce que je cousais ne m’intéressait pas du tout, ça m’aurait complètement gâché le plaisir.
  • Vendre implique d’écouter l’autre, d’échanger avec lui et de l’intégrer à ton processus créatif. Parce que c’est lui qui achète et que ce qu’il achète lui fait envie s’il peut s’imaginer en train de l’utiliser (ou de l’offrir), et s’il s’identifie aux autres personnes qui achètent le produit en question.
  • Ce n’est pas parce que tu fabriques de jolies choses que tu devrais bâtir une entreprise dessus! Vendre est une transaction. Aimer ce qu’on crée est indispensable, mais ce n’est que la clef de la voiture! Entreprendre implique que l’impact de ton travail dans la vie des autres te passionne AUTANT que la conception de tes produits et services.

Point-clef n°1 : Avec ton travail, tu crées une alternative, une autre vision de la consommation, un autre rôle pour tes clients : est-ce que tu sais ce que ton travail permet à tes client(e)s de faire, d’accomplir, d’exprimer ? C’est ça qui donne envie d’acheter, et pas les objets ou services en eux-mêmes – sans parler du fait-main, arg!

Les problèmes des “créations” des “créatrices”

Si tu fais partie des personnes qui vendent des produits physiques, et non numériques, tu es confronté-e à plusieurs problèmes :

Problème n° 1. La connotation amateur

  • Avec l’essor des loisirs créatifs et du DIY, ces termes sont devenus hyper galvaudés et collent une connotation d’amateurisme à ton travail. J’en profite pour rajouter “créations” et “créatrices” à la liste des mots à bannir quand on veut mettre son travail en valeur
  • Par quoi les remplacer? Par des vrais mots : travail, fabrication, direction artistique, produits, modèles, prototypes, conception, bijoux, prêt-à-porter, mode homme / femme / enfant – la liste est longue.

Point-clef n°2 : remplace les termes “créations” et “créatrice” par de vrais mots.

Problème n°2. L’erreur de perspective

  • L’autre problème en considérant que ton travail est une “création”, c’est qu’il t’amène à te concentrer sur le produit créé et non sur le changement provoqué par le produit créé. Or vendre un objet pour ses caractéristiques est beaucoup plus difficile que de vendre un objet pour ce qu’il permet de faire!
  • Tu as déjà essayé d’acheter en ligne un téléphone, un appareil photo, ou un halogène? On est complètement dépassé par les fiches techniques : les Giga hertz, les focales d’ouverture, les lumens… Ce que je cherche, quand j’achète, c’est un objectif pour faire des gros plans en détachant le sujet de l’arrière-plan. Ou un halogène qui éclaire ma chambre le soir comme en plein jour l’été. Un téléphone qui ne pèse pas trop lourd dans mon sac et dont les applis chargent rapidement. Un ordinateur qui me permet de faire du traitement de texte, d’images et de vidéos sans ralentir.
  • Pour résumé, ce que le client cherche, c’est un résultat. Et c’est la même chose pour tous les clients . Je dis que je cherche un bijou, mais ce que je veux c’est un accessoire qui me donne confiance en moi, qui me permet de me sentir plus élégante, de recevoir des compliments. J’ai usé un sac que j’adorais, et tellement usé qu’on en voyait la corde. Je commençais à avoir honte de l’utiliser! Sérieusement : il était devenu un tue-la-classe épouvantable. Je me suis offert le sac dont je rêvais, et surtout une couleur qui se remarque, une coupe plus moderne, un look stylé. Ah qu’il est beau! Je me sens mieux :-)

Point-clef n°3 : tant que tu te voies comme un-e créatrice ou un créateur qui vend des créations, et pas comme un-e entrepreneur-e qui rend un service à ses clients, tu auras du mal à vendre et à aller plus haut, plus loin.

Problème n° 3 : Le mythe du succès en solitaire

  • Harry a besoin de Ron et d’Hermione. Ulysse 31 a Nono. Sophie compte sur son chien Finot (Inspecteur Gadget, oh la je suis suis là ouh ouh!). Ce qui veut dire que tu peux faire un bout de chemin seule, mais que tu ne peux pas développer ton entreprise seule longtemps (d’ailleurs, je vais recruter une assistante : on en reparle bientôt!).
  • Pourquoi? Et bien parce que nous avons tous un nombre d’heures limitées dans la journée. Si tu calcules pour chaque heure de fabrication, tu en as AU MOINS une autre consacrée au travail indirect. 20h de fabrication par semaine, ça limite très vite tes revenus – et le développement de ton activité.
  • Donc? Donc un amateur fait tout seul, un-e entrepreneur-e sait qu’il/elle ne va pas y arriver comme ça : il/elle délègue, ou prévoit de le faire. Mais attention, déléguer ne peut pas dire “se débarrasser de”. C’est toujours toi qui es aux manettes. Si un(e) assistant(e) t’aide à la découpe, c’est quand même toi qui donnes les instructions. Idem pour la communication, et la partie financière.

Un entrepreneur est bon à créer et construire des idées. Il faut apprendre à déléguer : trouvez des personnes qui sont meilleures que vous à ce que vous faites, afin qu’elles le fassent pour vous. Et que vous puissiez construire la suite.

Richard Branson

Pour résumer : développer ton entreprise implique que tu ne travailles plus seul-e, et que tu comprennes ce que ton travail change pour les autres (ce dernier point n’est pas optionnel).

Quoi que tu vendes, produits numériques ou physiques, services ou prestations, ce qui compte pour ton client n’est pas l’outil qu’il achète (ton travail) mais ce que cet outil lui permet de faire, de changer, de régler de concrétiser.

Maintenant, c’est à toi :

Comment est-ce que tu décris ton travail, et ton activité?

Quelles sont les 3 tâches que tu pourrais déléguer en donnant des instructions claires?

Author Details

Je m’appelle Selma Païva. Je suis l’auteure du livre “Internet est une table pour deux, le marketing autrement”. Je forme + conseille + accompagne les entrepreneurs au niveau de leur marketing de contenu sur selmapaiva.com

Au programme – email marketing, copywriting, blogging, storytelling… ou l’art de manier les mots pour construire des séquences de mails dignes d’une série Netflix. Des articles qui captivent ta communauté . Des landings pages qui convertissent tes visiteurs en prospects. Et des pages de vente qui donnent envie d’acheter !

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