Comment devenir une star de son business

Fixer ses objectifs, quand on se demande comment développer son entreprise, ce n'est pas évident : retour d'expérience avec Cécile Bonnet.

Sur son site, Cécile a écrit “Je suis une star de mon business, mais pas tous les jours!“.

Cécile Bonnet est coach en épanouissement commercial (j’adore cette expression!) : elle encourage les entrepreneurs à oser déployer le meilleur d’eux-mêmes pour développer un business avec naturel et plaisir. Et ça me démangeait depuis un bon moment de l’inviter sur le blog!

Aujourd’hui, tu vas apprendre :

– comment éviter de faire preuve d’un excès de modestie,

– pourquoi être heureux est un préalable pour atteindre le CA rêvé,

– comment surmonter les périodes de crises existentielles dans son activité pour développer son entreprise.

Car faire un état des lieux, fixer ses objectifs, choisir les actions à mettre en place quand on se demande comment développer son entreprise : si on n’est pas conscient de ses points forts, si on ne prend pas le temps de tout mettre à plat pour choisir ses objectifs avec discernement…ça bloque.

C’est parti !

Selma : Bonjour Cécile! Parlons du “phénomène d’invisibilité”! Tu as écris “J’en ai marre de voir des entrepreneurs faire tapisserie en faisant preuve d’un excès de modestie déplacé.” Oh oui! Tu as un conseil pour aider les personnes qui me lisent à oser prendre leur place? 

Cécile :

  • Trop souvent, je constate chez les entrepreneurs (et plus particulièrement chez les femmes), ce que j’appelle un excès de modestie « mal placée » : ce qui ressemble en apparence à de l’humilité masque en réalité un manque d’amour-propre. « Qui suis-je pour prétendre rayonner et créer un impact auprès des autres avec mon travail? »
  • Ma réponse fait écho à celle du texte de Marianne Williamson repris par Nelson Mandela : “Qui êtes-vous pour ne pas y prétendre” ?
  • Mon intime conviction est que nous avons tous un trésor caché sous nos yeux : le trésor c’est nous ! A chaque fois que nous agissons librement en exprimant sans limite notre « vraie » identité personnelle (et donc professionnelle puisque nous ne sommes qu’un), nous l’offrons avant tout aux autres. Ne pas oser revient alors à priver les autres de ce que nous avons de meilleur à offrir.
  • Si j’exprime ma liberté, je ne prive pas les autres de leur liberté, au contraire je les autorise à en faire autant ! Vos talents sont comme l’amour : une des rares choses qui augmentent en étant partagées.
  • C’est banal à dire, mais tellement bon de le rappeler : un entrepreneur heureux rend ses clients heureux. Avez-vous remarqué comme le bonheur est contagieux : en s’autorisant à être pleinement soi-même, on rayonne et ce rayonnement profite à tous !
  • Alors mon conseil c’est d’apprendre à vous aimer pour ce que vous êtes plutôt que de vous flagellez pour ce que vous n’êtes pas. Accepter sa nature et cultiver son essence demandent moins d’efforts et produisent davantage de résultats que d’aller contre sa nature : au lieu de se vider de son énergie, on se ressource et on peut durer infiniment, pour un entrepreneur ce sont des notions primordiales.
  • Vous méritez votre place, vous n’avez rien à prouver à personne : vous êtes, point. Et vous êtes assez.
  • Sans vous ou avec vous quelle différence ? Alors autant marquer votre différence, réalisez-vous en rendant réelle la personne talentueuse que vous êtes déjà, nous en avons besoin !

Selma : J’ai beaucoup aimé tes articles “devenez la star que vous êtes”, où tu encourages chacun(e) à rayonner de sa lumière. Tu expliques qu’on croit parfois qu’on sera heureux le jour où on atteint le CA rêvé, mais que ce n’est pas comme ça que ça se passe. Tu peux nous dire pourquoi? Expliquer pourquoi être heureux ne peut venir qu’en premier?

Cécile :

  • Tout est une question subtile d’équilibre. Souvent on se lance dans l’entrepreneuriat avec passion. C’est un élan connecté à nos tripes et notre cœur qui nous a mis en action, nous a donné le courage de nous dépasser, d’aller au bout de notre idée et de sortir de notre zone de confort. Et c’est ce même moteur qui nous permettra d’avancer toujours un peu plus loin.
  • En écoutant notre cœur, nous réalisons des choses qui auront toujours plus d’impact que celles raisonnées par notre volonté de gagner de l’argent. D’ailleurs, je connais peu d’entrepreneurs ayant réussi, qui ont démarré avec l’élan « Je vais gagner un max d’argent ». L’élan initial émergeait toujours du plus profond d’eux-mêmes avec l’envie viscérale de le mettre au profit d’autrui.
  • Mais très vite, on peut manquer de retours et principalement financiers, car une entreprise ayant un but commercial, contrairement à une association, le chiffre d’affaires est le 1er indicateur de réussite pour un entrepreneur (à tort je pense mais ceci un autre débat).
  • Très souvent, on va donc se faire violence pour vendre (ou carrément abandonner toute activité commerciale), appliquer des techniques qui nous demandent beaucoup et nous détournent de notre authenticité.
  • Je vois beaucoup d’entrepreneurs qui s’éloignent ainsi de leur élan initial, de ce qui les faisait vibrer : ils peuvent certes gagner de l’argent, voire même beaucoup, mais en répondant aux sirènes du marché, ils se déconnectent d’eux-mêmes et dépérissent.
  • Finalement, on passe d’un extrême à l’autre, là où il faudrait les associer dans une même démarche : gagner sa vie naturellement avec sens et plaisir. Pourtant nous n’y parvenons pas aisément…Nous avons une vision négative de l’argent et donc de la vente.
  • La plupart des entrepreneurs (et encore davantage des créateurs et créatrices) pensent que l’argent dévalue en quelque sorte leur talent créatif.
  • C’est tout à fait normal dans une société qui associe l’argent avec le travail vu comme un effort pénible et douloureux. Gagner sa vie en prenant du plaisir à ce qu’on fait et en le faisant pour les autres est comme antinomique.
  • L’argent gâcherait ainsi notre authenticité et nos capacités à créer. Vendre serait forcément au détriment de ceux qui nous achètent. Si on ajoute à cela un sentiment d’imposture ( « qui suis-je pour prétendre à … ?»), cela revient à ne pas mériter cet argent et à éprouver beaucoup de culpabilité à vendre.
  • Cela demande à reconsidérer sa valeur, la valeur de ses créations (celle perçue par ses clients, pas par soi), son utilité et l’utilité de ses créations au sens large (le beau est utile, le futile est utile). Il faut également reconsidérer sa vision de l’argent et de la vente.
  • Avouons-le, nous adorons acheter non ? Or pour cela, il faut bien des vendeurs n’est-ce pas ? Imaginez un monde où personne n’oserait vendre : nous serions privé de beaucoup de valeur en terme de confort, de plaisir, de fierté, de poésie, etc …
  • Ce qu’il faut comprendre c’est que gagner de l’argent avec son activité n’empêche pas l’entreprise (et donc l’entrepreneur) d’être totalement tourné vers l’intérêt de ses clients et d’avoir pour objectif de faire une différence dans leur vie, pas de faire du chiffre d’affaires.
  • Tout part de soi vers les autres. Le chiffre d’affaires n’est qu’une conséquence de ce mouvement (qui revient vers vous), pas une fin en soi. C ‘est pourquoi votre 1ère mission d’entrepreneur est d’abord de vous épanouir, de faire les choses avec votre cœur et d’être heureux … Sans dénigrer pour autant toute considération financière et la valeur de ce que avez à offrir (=vendre) aux autres.
  • Car si l’argent n’est certes jamais une fin en soi, il s’agit d’un moyen : pour vos clients celui de pouvoir profiter de vos talents sans se mettre en dette vis à vis de vous et pour vous celui d’en vivre suffisamment pour continuer à mettre vos talents au service d’autrui !
  • D’un côté, il faut donc apprendre à lâcher-prise avec le résultat et notamment le résultat financier afin d’être soi librement et pleinement, et donc d’exprimer nos talents d’artiste au profit des autres. C’est ce que j’entends par « rayonner de sa lumière ».
  • D’un autre, on peut apprendre à vendre dans l’intérêt de ses clients. Calculer sa rentabilité, fixer correctement ses tarifs, définir ses actions commerciales, déterminer son niveau optimal de chiffre d’affaires à atteindre sont nécessaires pour ne pas dénigrer sa valeur et pour cultiver son potentiel de création.
  • En écoutant notre cœur, nous réalisons des choses qui auront toujours plus d’impact que celles raisonnées par notre volonté de gagner de l’argent. Mais vendre n’empêche pas l’entreprise (et donc l’entrepreneur) d’être totalement tourné vers l’intérêt de ses clients et vers l’envie de faire une différence dans leur vie.
  • Ce que vous créez a beaucoup plus de valeur que nous ne le pensez !

Selma : Oh oui! Pourtant, même quand on est convaincu,le chemin n’est pas droit. Savoir comment développer son entreprise, comment passer à l’étape d’après, ce n’est pas évident. Tu évoquais une crise existentielle d’entrepreneur sur ton blog, peux nous en dire plus ?

Cécile :

  • Hahaha oui quand cela ne va pas, on peut se dire qu’un jour il nous sera possible d’en rire ;-) ) Si le chemin était droit : on s’ennuierait mortellement !
  • Premièrement, j’ai appris qu’on n’était jamais arrivé, cela s’appelle la vie. Le jour où on est arrivé, c’est la fin.
  • Deuxièmement, ce sont les crises qui nous forgent le plus, n’est-ce pas ? Alors on ne va pas se souhaiter de vivre des crises mais in fine il faut reconnaître qu’elles sont libératrices.
  • J’ai traversé ce que je qualifie aujourd’hui de crise existentielle de l’entrepreneur.
    On me demande souvent ce qui s’est passé concrètement ? Pourquoi et comment je me suis retrouvée dans cette situation critique de crise.
  • Ma crise est arrivée sournoisement, elle n’a pas été un choc violent qui me serait tombé dessus un beau matin.
  • Depuis quelques temps déjà je « traînais un peu des pieds » dans mon activité. J’avais moins envie, mes RDV et ma To Do List devenaient de plus en plus lourds pour moi. Cela m’avait déjà interpellé car on ne devient pas entrepreneur pour devenir prisonnier de sa propre entreprise, n’est-ce pas ?
  • J’ai réalisé que je traversais une crise le jour où j’ai voulu travailler à redéfinir mon offre et que je n’y suis jamais arrivée. Alors que c’est une partie de mon travail avec mes clients, j’étais complètement bloquée pour moi-même. Je suis comme tombée dans un trou duquel je n’arrivais plus à sortir.
  • Plus j’insistais et plus je m’enfonçais, jusqu’à considérer l’hypothèse suivante : mon blocage ne venait pas de la forme mais du fond. Si j’avais du mal à affiner la formalisation de mon offre, ce n’était pas une question de forme mais de fond. Je savais qu’une fois que le contenu de mon activité serait clair, son expression deviendrait fluide et ne me poserait plus de problème.
  • A partir de là, j’ai lâché prise et j’ai remis les compteurs à zéro. Je ne connaissais plus ma direction et j’envisageais toutes les possibilités comme acceptables, même celle d’une éventuelle « reconversion ». Je me suis appliquée mes propres outils créatifs d’expression de soi pour me reconnecter à mon essence et à ma boussole interne. Cela m’a pris plusieurs mois sans que je sache quand ni comment le brouillard dans lequel j’étais se dissiperait mais j’avais intimement confiance « dans le processus ».

Selma : De ton expérience, quel(s) conseil peux-tu transmettre à ceux et celles qui veulent développer leur activité, faire grandir leur entreprise, et qui sont parfois paralysées par la perspective d’échecs et de difficultés sur la route ?

Cécile :

  • Les difficultés sont une façon de nous challenger, de nous pousser en avant : le meilleur moyen de progresser est se mettre des difficultés sinon à quoi bon avancer, autant rester au chaud dans son lit ! La vie est un risque : vouloir se préserver du risque, c’est mourir à petits feux.
  • Tu as raison de souligner qu’un des freins principaux à la prise de risque c’est la peur d’échouer. Ce qu’il faut savoir à propos de nos peurs :

1. 80% d’entre elles sont irrationnelles, c’est-à-dire qu’en très grande majorité elles ne sont pas fondées sur une réalité tangible. Sauf si vous êtes au bord d’un précipice et que vous avez peur de tomber, les peurs que nous avons, sont des pures constructions de notre mental et n’ont aucun fondement.

2. Notre vision de la réussite est centrée sur une vision micro du résultat plutôt que sur une vision globale qui prendrait également en compte l’expérience du chemin justement. Ce qui importe ce n’est pas d’y arriver mais de progresser car c’est en progressant que nous nous épanouissons toujours un peu plus.

  • Pour apprendre à marcher un enfant tombe environ 8000 fois : est-ce que nous disputons notre enfant pour cela? Existe-t-il un enfant qui « abandonne » et ne sait pas marcher dans la vie ?
  • Non, naturellement nous l’encourageons! Et quand il tombe, nous l’applaudissons pour lui dire « Ce n’est pas grave, essayer c’est déjà tellement merveilleux ! ». Pourtant les risques sont grands : tomber fait mal, sans compter que cela peut être très désagréable de chuter en plein élan. Alors pourquoi un bébé se relève et recommence ? Parce qu’à côté des risques présents, marcher est une promesse bien plus forte, plus grande, plus exaltante !
  • Le plus grand des risques c’est l’inaction. L’action peut vous créer des désagréments et des sacrifices plus ou moins importants mais rarement irréversibles, en revanche le succès procure dans tous les cas des bénéfices bien plus importants. Et le succès a une probabilité de réalisation souvent plus forte et que l’échec (sachant qu’on peut aussi voir la réussite comme une succession d’échecs, auquel cas le « vrai » échec n’existe pas).
  • Sur le blog « Je suis une star de mon business ! (mais pas tous les jours) » j’ai eu l’occasion de partager un outil très puissant que j’ai appelé la « Matrice des freins » qui m’a été inspiré du best-seller « La semaine de 4h » de Tim Ferris (dont j’aime la philosophie « à contre courant » et la liberté). Il est à votre disposition si vous avez envie de faire face à vos peurs : alors qu’attendez-vous ? C’est le moment, allez-y, vous êtes extra-ordinaires … si, si, c’est ma plus grande conviction !

***Mille mercis Cécile, pour ta participation!***

Et toi? Tu as déjà connu l’excès de modestie dans ton travail? Est-ce que tu sens que ta vision de l’argent et de la vente te motivent…ou te freinent dans ta démarche commerciale?

Merci de partager ton expérience + tes questions dans les commentaires!

Clique ici pour retrouver la série d’articles « Devenez la star que vous êtes » sur le blog de Cécile.

 

Author Details

Je m’appelle Selma Païva. Je suis l’auteure du livre “Internet est une table pour deux, le marketing autrement”. Je forme + conseille + accompagne les entrepreneurs au niveau de leur marketing de contenu sur selmapaiva.com

Au programme – email marketing, copywriting, blogging, storytelling… ou l’art de manier les mots pour construire des séquences de mails dignes d’une série Netflix. Des articles qui captivent ta communauté . Des landings pages qui convertissent tes visiteurs en prospects. Et des pages de vente qui donnent envie d’acheter !

Commence par mes 10 micro-leçons d’email-marketing ici. Elles sont gratuites. Et spécialement conçues pour une relation durable et riche avec tes abonnés :-)

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