Made in France : et ALORS? - Selma Païva

Il y a une tendance qui monte, qui monte…et qui cocoricote haut et fort : achetez Made In france, c’est mieux! Sérieusement?

Il y a une tendance qui monte, qui monte sur la webosphère francophone…et qui cocoricote haut et fort : achetez Français, c’est mieux!

Sérieusement?

{ Mille mercis à Sami + Elsa de Shaman Shop,  pour leur photo, et leur super travail en général}. 

J’ai eu mon bac à la fin des années 90 : les téléphones avaient 3 mètres de fil + nous envoyions des lettres timbrées + nous faisions la queue aux cabines téléphoniques à pièces. Nous nous moquions de ceux qui commençaient à passer des heures devant leurs écrans, et nous avions peur des conséquences sur “la vraie vie”.

Nous avions très peur de la dématérialisation de tout (la communication, les échanges, le travail), et nous pointions du doigt la mondialisation. Tu te souviens?

Avec les années 2000, elle s’est développée, cette mondialisation. En conséquence? Les communautés n’ont plus de frontières. J’ai des collègues au Canada, en Belgique, en Australie. Et en France bien sûr.

Mais est-ce que c’est vraiment ça qui compte?

Les communautés n’ont plus de frontières

  • Le mois dernier, je lisais un article dans Marie-Claire sur une communauté de femmes en Argentine : elles maîtrisent des techniques de traitement, de teintures et de tricotage de la laine ancestrales. Il leur faut 7 heures pour réaliser la manche d’un pull. Leur travail est possible grâce à une structure montée par des maisons de luxe en Europe.
  • Ces femmes qui étaient dans la misère gagnent maintenant fièrement leur vie, avec la laine des moutons de leur pampa. Elles sont enthousiastes, elles sont dynamiques, elles créent toute une économie locale. Et des vêtements magnifiques : leur prénom est brodé sur chaque étiquette, avant que la pièce ne soit expédiée vers les défilés de haute couture, en Europe.
  • Est-ce que ce que nous fabriquons ici en France, ce serait forcément mieux? Au lieu de considérer l’hexagone comme une marque supérieure : est-ce que nous ne pourrions pas plutôt voir ce que nous avons en commun avec ces femmes en Argentine? Avec les coachs au Mexique, au Portugal, en Chine? Avec les entrepreneurs Libanais, Marocains, Suédois?
  • Les communautés n’ont plus de frontières aujourd’hui, nous sommes les artisans d’un monde nouveau. Les limites, le repli font partie de l’ancien. Alors accueillons les artistes qui viennent d’ailleurs, comme René Shoemaker ! Exposons à Beyrouth, où Pascale Wakim et Nicolas Ballavance-Lecompte ont fondé la Carwan Gallery!

L’hexagone, une marque supérieure de produits et services?

  • Si tu cherches, tu trouveras en ligne des boutiques chinoises vraiment magnifiques. Ça me fait mal au  cœur des fois : quand je pense à tous les clients potentiels européens qui hésitent à acheter parce que ça vient de Chine…
  • Ce n’est pas une critique, la 1ère fois que j’ai acheté chinois, j’étais à moitié rassurée! Mon colis est arrivé vite, en parfait état, avec un très beau sac dedans. Les maroquiniers mettent autant de cœur et d’espoir à l’ouvrage là-bas qu’ici. Et oui.
  • La tendance du Made In France touche les services, comme les produits. Je vois des plates-formes se vanter d’être 100% françaises, des coachs ou consultants souligner que leurs méthodes ne viennent pas des Etats-Unis. Ah bon?
  • Je n’y crois pas du tout :-D Le commerce a toujours existé, et depuis que l’homme est sur Terre : franchement, tout a déjà été fait commercialement, dans toutes les civilisations. Mais depuis la fin de la 2ème Guerre Mondiale au moins, c’est aux Etats-Unis que ça innove. Jean-Jacques Servan-Shreiber avait déjà publié un best-seller sur le sujet…en 1967.
  • Et en Europe, on s’en inspire, on crée, des mouvements voient le jour pour développer les micro-entreprises, sortir du cadre. Mais on ne leur arrive pas encore à la cheville :-)

Le Made in France : un fétu de paille

  • Si c’est important pour toi que tes idées soient nées dans l’hexagone, que ton travail soit fait en France, d’accord! Mais ne compte pas sur la mention “Cocorico” pour donner envie d’acheter : ça ne suffit pas. Aujourd’hui, les communautés dépassent les frontières, la concurrence aussi.
  • Car la vérité, c’est qu’aucun cliché n’a jamais permis de vendre mieux. Donc si l’hexagone a un vrai sens dans ton travail : c’est formidable, mais il te reste à expliquer pourquoi. Quelle différence ça fait, pour le client? Qu’est-ce que ça va changer pour lui, que tes produits soient fabriqués localement, que tes méthodes ne viennent pas des US ?

Continue à lire :-)

La solution est ailleurs

  • Dans 9 cas sur 10, l’étiquette “Made in france” apposée sur un service, une prestation ou un produit tient de l’emplâtre sur une jambe de bois. Un argument de vente utilisés par ceux qui imaginent que c’est ce qui va plaire, mais qu’au fond…ils ne savent pas vraiment. Ils ne savent pas comment intéresser leurs clients – ils ne savent pas en fait ce que leur clientèle veut, ni comment leur donner envie d’acheter. Même ceux qui disent “Si moi ! Moi je préfère acheter français !” sortent rarement leur portefeuille quand il s’agit de payer le prix que ça implique – et oui.
  • Quand à ceux qui disent que leurs idées (de mouvements, d’évènements) ou leurs méthodes (de coaching, de vente, de travail…) ne viennent pas des US : encore une fois, je n’y crois pas du tout. Ils peuvent sincèrement le croire, mais si on creuse un peu, on trouve la source de l’autre côté de l’Atlantique, d’où les innovations viennent en grande majorité depuis un bon siècle.
  • La solution est ailleurs : je comprends bien que le Made in France est une tentative de certains pour faire la différence. Mais ça ne marche pas, et on peut faire tellement mieux!
  • Toi par exemple, qui est francophone d’Europe (ou du Canada ? Welcome !), tu peux faire encore mieux que jusqu’à présent, en transformant ton blog en outil de communication, un outil qui te rapproche de tes clients, et de tes partenaires. Sans passer des heures sur les réseaux sociaux, sans payer pour qu’on parle de toi, sans publier plusieurs fois par semaine. Et bien sûr : sans tabler sur le Made in France.
  • Alors si tu es prêt-e à retrousser tes manches pour créer un message qui vaut la peine d’être entendu, pour mettre d’avantage ton travail en valeur, le encore vendre mieux c’est le moment : peut-être que je suis la bonne personnes pour t’aider. Pour le savoir, clique là.

Author Details

Je m’appelle Selma Païva. Je suis l’auteure du livre “Internet est une table pour deux, le marketing autrement”. Et le storytelling est mon super pouvoir :-)

Je forme + accompagne les entrepreneurs à passer un nouveau cap dans leur storytelling & positionnement sur selmapaiva.com. Pour une identité plus marquée. Un message clarifié. Des clients mieux ciblés. Une offre valorisée.

Commence par le programme Storytelling Maestria = méthodes & principes de storytelling pratico-pratique pour du contenu qui fait passer ta personnalité. Des mails qui créent une vraie proximité avec tes abonnés. Des posts qui créent des émotions, de la relation, des conversions.

Made in France : et ALORS?
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