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Made in France : et ALORS?

Il y a une tendance qui monte, qui monte…et qui cocoricote haut et fort : achetez Made In france, c’est mieux! Sérieusement?

Il y a une tendance qui monte, qui monte sur la webosphère francophone…et qui cocoricote haut et fort : achetez Français, c’est mieux!

Sérieusement?

{ Mille mercis à Sami + Elsa de Shaman Shop,  pour leur photo, et leur super travail en général}. 

J’ai eu mon bac à la fin des années 90 : les téléphones avaient 3 mètres de fil + nous envoyions des lettres timbrées + nous faisions la queue aux cabines téléphoniques à pièces. Nous nous moquions de ceux qui commençaient à passer des heures devant leurs écrans, et nous avions peur des conséquences sur “la vraie vie”.

Nous avions très peur de la dématérialisation de tout (la communication, les échanges, le travail), et nous pointions du doigt la mondialisation. Tu te souviens?

Avec les années 2000, elle s’est développée, cette mondialisation. En conséquence? Les communautés n’ont plus de frontières. J’ai des collègues au Canada, en Belgique, en Australie. Et en France bien sûr.

Mais est-ce que c’est vraiment ça qui compte?

Les communautés n’ont plus de frontières

  • Le mois dernier, je lisais un article dans Marie-Claire sur une communauté de femmes en Argentine : elles maîtrisent des techniques de traitement, de teintures et de tricotage de la laine ancestrales. Il leur faut 7 heures pour réaliser la manche d’un pull. Leur travail est possible grâce à une structure montée par des maisons de luxe en Europe.
  • Ces femmes qui étaient dans la misère gagnent maintenant fièrement leur vie, avec la laine des moutons de leur pampa. Elles sont enthousiastes, elles sont dynamiques, elles créent toute une économie locale. Et des vêtements magnifiques : leur prénom est brodé sur chaque étiquette, avant que la pièce ne soit expédiée vers les défilés de haute couture, en Europe.
  • Est-ce que ce que nous fabriquons ici en France, ce serait forcément mieux? Au lieu de considérer l’hexagone comme une marque supérieure : est-ce que nous ne pourrions pas plutôt voir ce que nous avons en commun avec ces femmes en Argentine? Avec les coachs au Mexique, au Portugal, en Chine? Avec les entrepreneurs Libanais, Marocains, Suédois?
  • Les communautés n’ont plus de frontières aujourd’hui, nous sommes les artisans d’un monde nouveau. Les limites, le repli font partie de l’ancien. Alors accueillons les artistes qui viennent d’ailleurs, comme René Shoemaker! Exposons à Beyrouth, où Pascale Wakim et Nicolas Ballavance-Lecompte ont fondé la Carwan Gallery!

L’hexagone, une marque supérieure de produits et services?

  • Si tu cherches, tu trouveras en ligne des boutiques chinoises vraiment magnifiques. Ça me fait mal au  cœur des fois : quand je pense à tous les clients potentiels européens qui hésitent à acheter parce que ça vient de Chine…
  • Ce n’est pas une critique, la 1ère fois que j’ai acheté chinois, j’étais à moitié rassurée! Mon colis est arrivé vite, en parfait état, avec un très beau sac dedans. Les maroquiniers mettent autant de cœur et d’espoir à l’ouvrage là-bas qu’ici. Et oui.
  • La tendance du Made In France touche les services, comme les produits. Je vois des plates-formes se vanter d’être 100% françaises, des coachs ou consultants souligner que leurs méthodes ne viennent pas des Etats-Unis. Ah bon?
  • Je n’y crois pas du tout :-D Le commerce a toujours existé, et depuis que l’homme est sur Terre : franchement, tout a déjà été fait commercialement, dans toutes les civilisations. Mais depuis la fin de la 2ème Guerre Mondiale au moins, c’est aux Etats-Unis que ça innove. Jean-Jacques Servan-Shreiber avait déjà publié un best-seller sur le sujet…en 1967.
  • Et en Europe, on s’en inspire, on crée, des mouvements voient le jour pour développer les micro-entreprises, sortir du cadre. Mais on ne leur arrive pas encore à la cheville :-)

Le Made in France : un fétu de paille

  • Si c’est important pour toi que tes idées soient nées dans l’hexagone, que ton travail soit fait en France, d’accord! Mais ne compte pas sur la mention “Cocorico” pour donner envie d’acheter : ça ne suffit pas. Aujourd’hui, les communautés dépassent les frontières, la concurrence aussi.
  • Car la vérité, c’est qu’aucun cliché n’a jamais permis de vendre mieux. Donc si l’hexagone a un vrai sens dans ton travail : c’est formidable, mais il te reste à expliquer pourquoi. Quelle différence ça fait, pour le client? Qu’est-ce que ça va changer pour lui, que tes produits soient fabriqués localement, que tes méthodes ne viennent pas des US ?

Continue à lire :-)

La solution est ailleurs

  • Dans 9 cas sur 10, l’étiquette “Made in france” apposée sur un service, une prestation ou un produit tient de l’emplâtre sur une jambe de bois. Un argument de vente utilisés par ceux qui imaginent que c’est ce qui va plaire, mais qu’au fond…ils ne savent pas vraiment. Ils ne savent pas comment intéresser leurs clients – ils ne savent pas en fait ce que leur clientèle veut, ni comment leur donner envie d’acheter. Même ceux qui disent “Si moi ! Moi je préfère acheter français !” sortent rarement leur portefeuille quand il s’agit de payer le prix que ça implique – et oui.
  • Quand à ceux qui disent que leurs idées (de mouvements, d’évènements) ou leurs méthodes (de coaching, de vente, de travail…) ne viennent pas des US : encore une fois, je n’y crois pas du tout. Ils peuvent sincèrement le croire, mais si on creuse un peu, on trouve la source de l’autre côté de l’Atlantique, d’où les innovations viennent en grande majorité depuis un bon siècle.
  • La solution est ailleurs : je comprends bien que le Made in France est une tentative de certains pour faire la différence. Mais ça ne marche pas, et on peut faire tellement mieux!
  • Toi par exemple, qui est francophone d’Europe (ou du Canada ? Welcome !), tu peux faire encore mieux que jusqu’à présent, en transformant ton blog en outil de communication, un outil qui te rapproche de tes clients, et de tes partenaires. Sans passer des heures sur les réseaux sociaux, sans payer pour qu’on parle de toi, sans publier plusieurs fois par semaine. Et bien sûr : sans tabler sur le Made in France.
  • Alors si tu es prêt-e à retrousser tes manches pour créer un message qui vaut la peine d’être entendu, pour mettre d’avantage ton travail en valeur, le encore vendre mieux c’est le moment : peut-être que je suis la bonne personnes pour t’aider. Pour le savoir, clique là.
{ 34 commentaires… add one }
  • ophelie

    D’autant plus que le “label” Made in France peut être utilisé pour “Les produits dont 45% de la valeur-ajoutée à été réalisée en France.” … Si on ne fait pas confiance à la “qualité chinoise” le “made in France” ne garantit en rien l’originie (ni la qualité) de ce matériau !

    • Oui, mais la vraie question, c’est “est-ce que ça a vraiment de l’importance pour le client?” et non : isolé, ce n’est pas un argument de vente valable. D’ailleurs, on peut trouver de la super qualité en chine, et de la daube française, faut le dire :-D

      • Tout à fait d’accord pour ma part sur le préjugé de mauvaise qualité des produits extérieurs et notamment chinois. Et pour ma part je n’utilise effectivement pas le slogan “made in France” qui me parait réducteur et pas adapté à ce que je fais. De plus, la médiatisation de l’origine des produits jette le doute pour le consommateur mieux informé qu’auparavant, donc afficher “made in France” pourrait empêcher un prospect d’aller plus loin (instiller l’ombre d’un doute au lieu de donner envie).

  • Je ne sais pas trop quoi en penser car je ne me pose pas la question tous les jours non plus mais personnellement, en tant que cliente, j’achète de plus en plus du “Made in France” et du “Produit en France”. Par exemple pour l’alimentation (bio de préférence). Et pour les fringues (je n’aime pas payer les frais de port d’avion, je ne parle pas du montant là…) Pour aller plus loin, j’aime aller à la rencontre des créateurs et des producteurs, être + en direct du vendeur. C’est juste ma petite expérience.

    • Bonjour Y lan! L’alimentation, c’est encore un autre problème :-) Pour les fringues : si elles étaient 2 fois plus chères (ce qui correspond généralement à la marge manquante aux créateurs français), tu préfèrerais quand même les acheter Made In France? Ou bien est-ce que d’un coup, ça aurait moins d’importance :-D

  • Bonjour, pour ma part je pense qu’il vaut mieux s’appuyer sur du “fait-main” quand c’est le cas que sur du “made in France”. Ce n’ai pas forcement un gage de qualité mais quand même ça me parait donner une certaine valeur ajoutée. L’idée d’avoir une pièce unique par exemple.
    Cela dit en ce qui concerne les jouets d’enfant j’avoue hésiter deux fois plus sur le made in China. Surtout que l’actualité n’aide pas à avoir confiance là-dessus.

  • Je pense que le “fait avec amour ” et respect de son métier où que ce soit sur la planète à plus de valeur que le “lieu”. Faire du “made in France” me fait rire quand on sait que la plupart (malgré quelques exceptions) des fournitures (pour ma part les tissus) est produite à l’étranger. Et oui, j’adore quand tu parles du taux horaire égal à celui du Bangladesh! Je “milite” autour de moi pour que les créatrices incluent une part pour leur travail dans le prix final! Encore merci Selma pour tes éclairages et ton partage.

    • On est d’accord Céline! Merci pour ton passage ici!

  • Merci Selma pour ce bel article encore une fois tu appuies là où ça fait mal.
    Je vends aux Usa, en Finlande au Japon, 98% d ma clientèle réside à l’étranger, donc je suis ouverte sur le monde.
    Je commande des poupes en Corée du Sud, en Angleterre, Mes tissus viennent du Japon, d’Inde, de France etc…
    J’ai des fournisseurs en Chine pour mobilier miniature, ce sont de merveilleux artistes, Le chaussures mes poupées viennent presqu’exclusivement de Chine et de Corée.
    J’ai de beaux échanges dans le monde avec plein d’artistes, je trouve que se replier sur soi-même, équivaut à s’empêcher de grandir et de s’enrichir humaine mt.

    • Oh oui! Je suis ravie de lire que tu collabores avec des artistes Chinois et Coréens, et que ta clientèle est internationale : c’est très inspirant, merci pour ton témoignage!

  • C’est un argument que je mets en avant, notamment lors de mes participations aux salons de Loisirs créatifs. Non pas pour me la jouer cocorico-bleu-blanc-rouge, ce qui serait prétentieux (le Made in France n’est pas un gage de sérieux particulier, ni de qualité supérieure des produits) mais pour expliquer clairement d’où viennent les produits et comment ils sont fabriqués. Chez Adeuxmains, créateur français de pochoirs, cela signifie : meilleure qualité de découpe des pochoirs, fabrication en petites séries et nouveaux modèles tous les 2 mois au max. Je dessine moi-même et fabrique uniquement en France avec des partenaires spécialisés dont le travail est pointu ET magnifique. Bien sûr, les adeptes du “moins cher et on se fiche de savoir d’où ça vient” ne sont pas sensibles à ces arguments. En revanche, les clientes qui nous suivent depuis le début de l’aventure sont très fières de contribuer au développement de structures comme Adeuxmains. Elles ont confiance et nous le leur rendons bien.

    • Bonjour Diane! Tu écris que le made in france n’est pas un gage de qualité supérieure des produits, mais que finalement pour toi ça indique que tes pochoirs sont de meilleure qualité? A moins que je n’ai pas bien compris? Après les petites séries régulièrement renouvellées, ce n’est pas un spécificité hexagonale :-) En tout cas, si tu travailles avec des partenaires français dont le travail est formidable, super!

  • Hello Selma, pour ma part le “made in france” est plus bien qu’un simple argument de vente. C’est avant tout une façon de mettre en avant mon engagement éthique et mon sens de la responsabilité sociale en tant qu’entrepreneur. En effet, tous les achats de matières ou de produits effectués à l’étranger génère une empreinte écologique que je préfère limiter au maximum. D’autre part, en nouant des partenariats commerciaux avec certaines firmes étrangères sans scrupules, nous soutenons un système économique dénué d’humanité, basé sur l’exploitation des populations les plus pauvres…
    Bref, je comprends ton point de vue et tes arguments, qui sont toujours très pertinents d’ailleurs! Mais je tenais juste à apporter mon point de vue de partie prenante sur ce sujet ; )

    • Bonjour Carine! Je comprends tout à fait :-) Cela dit, on peut faire fabriquer au Portugal, voire acheter des matières plus loin sans pour autant exploiter des populations. Si ton activité se développe à fond, et que tu as besoin de sous traiter : resteras tu forcément en France? Vendras tu aussi bien si tu doubles tes prix? Mais je comprends bien la volonté de limiter son impact écologique. Merci pour ton témoignage!

  • Pour certains, acheter du “made in France” c’est avant tout acheter local. C’est aussi sans aucun doute un acte d’achat plus réfléchi qu’un achat qu’on fait au supermarché du coin… Mais ça vaut aussi pour un achat qu’on ferait en Chine, pourvu que le travail qu’il y a derrière soit artisanal! Ça engendre un coût plus élevé que le “made in china” que tout le monde connaît, produit en chaîne dans une usine avec des conditions de travail déplorables et des salaires misérables.
    Ce coût supplémentaire est donc justifié au regard de la qualité, d’un savoir-faire (qui lui n’a pas de nationalité!).
    Pour certains, donc, l’étiquette “made in France” est un élément qui compte dans l’acte d’achat… Mais c’est un élément parmi d’autres!
    Pour moi, le vrai plus du “made in France” c’est l’échange qui a lieu avec le client (francophone, donc). C’est vraiment un aspect vraiment appréciable pour moi, et pour les clients aussi. Si je m’exportais, je pense que je devrai sérieusement bosser mon anglais…
    Quand on est acheteur, il y a un côté rassurant à pouvoir échanger des messages avec un vendeur. Et puis, on n’a alors pas l’impression d’être juste un porte-monnaie, mais une personne avec des besoins, des envies, des goûts bien spécifiques.
    On en reviens encore à ça : la relation client, ses besoins…

    • Voilà, l’essentiel est que, même si ça compte, le made in france ne soit qu’un élément parmi d’autres, car en soi, ça ne veut pas dire grand chose :-)

  • Alors, oui pour ma part, j’achète autant que possible du Made in France, au quotidien. Je préfère acheter moins mais soutenir l’économie locale… et être sûre que les vêtements que je porte ne soient pas fabriqués par des petits enfants… C’est aussi par nos choix, nos habitudes de consommation, que nous pouvons oeuvrer pour notre pays, même à petite échelle.
    Quant à mes clientes, elles me disent souvent être fières d’acheter l’un de mes sacs car fabriqué en France. Certes tous mes tissus et matières premières ne proviennent pas de France, mais quand cela est possible, je fais le choix d’acheter français ou tout du moins européen. C’est le cas pour mes sangles coton, simili cuir, et nombreux tissus ! Là aussi, je préfère moins de diversité (coloris du simili cuir notamment) mais être sûre de la qualité et des conditions de fabrication.

    • Bonjour Carole! Je comprends, mais tu dis acheter local “quand cela est possible” : alors, quand est-ce que ça ne l’est plus? C’est important de le savoir pour ne pas limiter son propre développement, et son propre impact dans l’hexagone. Concernant la qualité, pourquoi du simili cuir local si tu peux trouver du bon cuir au Maroc par exemple? qui a une tradition séculaire dans ce domaine?

  • Sujet très intéressant encore une fois ! Merci.
    Sur la 1ere page de mon site le ” made in France ” est bien en évidence . Pour moi c’est juste pour expliquer à ceux qui vont passer la 1ere page ce qu’ils vont trouver : une petite production locale réalisée avec un savoir faire de qualité . Mais est ce nécessaire de le mentionner ? Qu’en pense les clients et potentiels clients ?
    Je vais réfléchir à tout ce que tu évoques là Selma pour avancer .

    • Merci! Justement, “made in france” sur la 1ère page n’explique pas aux clients ce qu’ils vont trouver. Une fois que c’est fait en revanche, tu peux préciser qu’en plus, c’est fait en france :-)

  • Je ne revendique pas spécialement le made in France pour ma part, mais en tant que cliente, j’aime à connaitre un minimum l’histoire des produits artisanaux que j’achète, cela fait parti du plaisir de ce type d’achat.
    Alors je ne revendique pas le made in france comme un blason, mais plus comme une provenance, je mettrai donc plus “made in anjou” ^-^ pour être plus précise. Mais cela, on peut le mettre juste dans notre fameuse page “à propos” non ? Si notre site se traduit en plusieurs langues, l’origine du concept , de la production peut-elle y suffire pour le client qui y attache de l’importance ?
    Car dans l’univers du “home-made”, il suffit de regarder sur etsy pour constater que la qualité et la créativité n’ont effectivement pas de frontières. Ce qui peut être parlant concernant la provenance d’un produit c’est en revanche le délai d’acheminement et le cout de livraison pour les expéditions internationales, donc sans revendiquer une quelconque valorisation, pour ma part je serais plus attacher à notifier non pas sur le produit mais sur mon site la provenance et à minima l’histoire de la marque.

    • Bonjour Lara : oui, bien sûr que l’histoire du produit et sa provenance compte, mais ce n’est ni le processus de fabrication ni le lieu qui vont suffire pour que le client y attache de l’importance :-)

  • Bonjour Selma,

    ton article est très pertinent comme toujours!
    Le made in France quand c’est possible c’est très bien, mais c’est avant tout le produit, l’idée qui doit plaire, le reste est un plus dans l’argumentaire. C’est le produit qui déclenche l’envie d’acheter.
    Chez nous tous les articles ne sont pas Made in France, car ce n’est pas économiquement possible. Certains sont imprimés en France, d’autres en Espagne ou en Italie, nous avons toujours été transparentes là-dessus.

    • Bonjour Catharina! On est bien d’accord : c’est l’idée qui doit plaire, le reste n’est qu’un plus. Merci d’avoir partagé comment ça se passe chez vous!

  • Il se trouve que je sais que certaines de mes meilleures clientes sont TRES sensibles à cet argument du made in France, justement, et vont renoncer à acheter un produit fabriqué en Asie du Sud-Est la plupart du temps. Je privilégie les sources françaises et locales pour mes matières premières, par conviction avant tout. Principalement parce que coût actuel du transport d’une marchandise est juste tellement infinitésimal par rapport à son impact écologique réel que j’en pleurerais (oui, je vis avec mes contradictions et le fait de vendre et acheter par ailleurs à l’international, j’en ai conscience). Aussi parce que pour les tissus, la qualité et le choix je les trouve largement plus en provenance de France ou d’Italie que ce que je trouve par ailleurs sur le marché. Je fais des compromis, forcément, mais j’essaie autant que possible de savoir d’où viennent les produits et comment ils ont fabriqués. Les dégâts des teintures et autres processus de fabrication textile sur l’environnement et la santé des ouvriers quand c’est pratiqué sans un minimum de normes, c’est pas joli-joli.
    Bien sûr il y a une part de pari de choisir le “moins pire”, parce qu’on ne peut pas vérifier chaque étape du processus de fabrication. Personnellement je tente aussi d’estimer si le prix demandé est juste, et il m’est arrivé plus d’une fois de ne pas acheter un travail que j’estimais bradé. Question de principes – j’essaie d’œuvrer pour aller vers une société qui ressemble à celle dans laquelle je voudrais vivre.

  • Bonjour Selma,

    Et merci pour ton article.

    tu dis “L’alimentation, c’est encore un autre problème :-) ”

    En effet le secteur d’activité est à considérer avant de sortir l’argument “Made in France”. Oui les USA sont très innovants et notamment dans le médical et les technologies (pour reprendre les références de ton article initial). Oui de nombreuses techniques commerciales, de coaching et encore un milliard de savoirs utilisés au quotidien sont issus des quatre coins du monde. Mais dans le milieu de la mode, il y a un vrai argument “Made in France”, une vrai fierté, un héritage, une culture qui fait que OUI on peut revendiquer ce label. Et je suis tout à fait d’accord avec ceux qui disent que ce label est encore attribué de façon abusive. C’est tellement différent un artisan qui travaille la matière, qui conçoit chaque pièce une à une et un “créateur” qui fait faire des composants à l’étranger et qui ne fait en France que de l’assemblage. On a la chance d’avoir une vraie culture de l’artisanat en France avec des institutions qui portent ces valeurs. Alors oui il y a (évidemment) des artisans de qualité aux quatre coins du monde mais en France il y en a beaucoup et qui ont la chance de travailler dans de bonnes conditions… mais tout ça n’est pas gratuit, et la boucle est bouclée. Je te site à nouveau “Pour les fringues : si elles étaient 2 fois plus chères (ce qui correspond généralement à la marge manquante aux créateurs français), tu préfèrerais quand même les acheter Made In France?”
    Tout est là! C’est justement parcequ’on ne communique pas assez bien sur le Made in France que l’on n’arrive pas à vendre nos produits assez chers. Pourtant notre culture, nos acquis en matière d’artisanat vont de paire avec des charges lourdes (c’est normal, tout a un coût) et si beaucoup d’artisans se résignent et vendent leur travail bien trop peu cher, c’est surtout parceque la concurrence déloyale (je pèse mes mots) des produits faits à l’étranger les contraignent. OUI il faut revendiquer le Made in France dans le secteur de la mode en tout cas car OUI c’est une fierté et nous avons besoin que les consommateurs comprennent pourquoi nous sommes plus chers : plus de savoir faire (souvent car accès à l’apprentissage et transmission), circuits courts, salaires dignes, normes quant à l’utilisation de produits toxiques…
    Sur bien des points encore aujourd’hui je déplore la mondialisation, peut-être plus qu’hier…

    Merci en tout cas de lever le débat

  • Bonjour Selma,
    Cela fait à peine une semaine depuis que j’ai découvert ton blog. J’ai décortiqué ton “petit précis de vente en ligne pour âmes créatives” et j’ai compris que pour qu’un visiteur se transforme en client, il faut se différencier du reste des créateurs. Puis, lorsque j’ai lu ton slideshare sur “laisse tomber le fait-main STP” + ton article. J’ai cru bien faire de changer mon message “fait-main” vers le “made in France”… mais je dois absolument continuer à réfléchir pour trouver les mots qui mettent en valeur les spécificités de mes créations et mon savoir-faire… surtout parce que je suis espagnole et je sais qu’un jour je rentrerais… Merci à toi de partager toutes ces réflexions qui sont en train de m’aider énormément !
    À bientôt, Rosa

  • Très bon sujet Selma !
    J’ai participe a une conférence sur le made un France il y a 1 an avec comme invité le créateur du slip français .
    la conclusion de cette conférence est que seul le made in France ne fait pas vendre . Le créateur ne doit pas employer cet argument seul car le cluent s’en fout complètement . Ce que ce dernier veut en priorité cest acheter par e que cela lui plait et si cest made in France cest la cerise sur le gâteau. Le détail qui lui donne bonne conscience .
    Chez les juliettes le made in France est un gage de qualité . Le fait que je puisse avoir un regard sur chaque étapes de fabrication. Mes matieres sont certifiées , mes créations homologuées . Les couturières ont un savoir faire français reconnu à travers le monde. Voilà ce qu’est le made in France. Mais clairement cela a un coût et cela se paye. Cest aussi plus simple pour moi de gérer une prod en France avec la souplesse de réassort que cela implique et les clients s’y retrouvent.
    Les questions que je me pose : est ce que je ne ferais jamais sous traiter en dehors de l’hexagone ? Quel impact cela aurait sur la marque. Comment cela serait percu par les clients ? Car a un moment cela devient plus simple de faire produire 100 gigoteuses plutôt que 10…
    Bises et à bientôt ;)
    Julia

  • Article intéressante… Je suis d’accord mais avec un point de vue différents!!
    En tout cas il a le mérite qu’on réfléchisse au sujet…

    D’après moi le problème n’est pas “Made in France” ou non… “Fait main” ou pas… sinon la perte de sens des mots aujourd’hui…

    Dans un monde ou le marketing est de plus en plus présent…
    les mots perdent leurs sens car ils sont utiliser à tout va dans n’importe quel contexte…

    En effet, pour certain le “fait main”, correspond à un concept artisan qui doit tout faire de A à Z.
    Pour d’autre cela correspond à acheter des éléments et les monter soit même à la main…
    Pourtant quant on y pense 90% des objets sont “fait main” quelque part sur la planète… surement par des enfants dans des conditions déplorables… Mais fait main quand même!
    La recherche du fait main est simplement un mouvement qui s’inscrit en opposition avec ce monde absurde qui veut que le client paye des intermédiaires, au lieu de celui qui fabrique l’objet… qui se regroupe sous le terme fourre tout “fait main”…

    Pour le “made in France” c’est la même chose, suite à la crise économique (et pour les même raison que le fait main)… le DIY c’est mis à la mode… les acheteurs recherche un lien direct avec le “créateur” (un autre mot d’ailleurs, sans sens!), et des plus petites séries…
    Pourtant, comme expliqué dans l’article, le “made in France” n’est pas pour autant un gage de qualité, ni de petite série…
    et je confirme, il y a des “createurs” chinois qui font des choses formidables…
    Ceci dit le consommé local à quand même l’avantage de moins polluer et de faire travailler son “voisin”, et donc de faire partie d’une communauté plus épanouie!

    Quant au salaire du Bangladesh… je pense que penser en terme de taux horaires n’a pas de sens dans un un contexte de “créateur”… d’ailleurs un chef d’entreprise n’est jamais payé en terme de taux horaire… nous ne sommes justement pas que des petites main!!!
    Par contre il faut lutter pour que les “createurs” soient conscient que, s’il gagne un misère pendant des années, ce n’est pas “normal pour un créateur”, et que leur entreprise est simplement pas rentable!!! et qu’il faut donc changer quelques chose!!

    Bref le problème des “mots fourre tout” est un gros problème… surtout dans un monde où le commerce se fait de plus en plus sur internet où les mots-clés sont très important!!
    La solution est difficile car nous tous nous participons à ce cafouillis de concept… en continuant à utiliser ces thermes… mais simplement parce que nous utilisons les mots que les acheteurs utilisent!
    Il faudrait faire comme pour le vin avoir des “appellations d’origine” hihihi
    (d’ailleurs il parait que ça aussi, c’est en perte de sens…)

    Pour finir… j’aurais adoré faire la formation “utiliser un blog pro” elle était faite pour moi… malheureusement le mois d’avril/mai sont les pires mois de l’année avec novembre/décembre pour moi… j’aurai pu être uniquement présente à 1 rdv téléphonique… donc c’est mort pour moi… en tout cas si tu le refais je suis partante ;)

  • Visiteuse

    Et ben, quand je lis certaines ici, je comprends pourquoi la France a de médiocres résultats sur ses exportations. Et c’est pas fini.
    C’est l’esprit Exception Culturelle française sans doute…
    Rester pour soi et entre soi, et on obtient ce radeau de la méduse, mais bon, comme sa voile est “Made in France”, on ne peut pas couler…
    Cocorico…
    C’est quand même dommage d’entendre encore et toujours en 2015 de tels non sens et contradictions.

    “La vocation d’une entreprise n’est ni sociale, ni éducative, ni citoyenne, ni éthique, ni même financière. La vocation de l’entreprise est économique, c’est à dire de produire de la valeur, tant matérielle que surtout immatérielle, en exerçant adéquatement un métier parfaitement maîtrisé”.

    Nous vivons dans un système mondialisé non pas par le commerce et la finance (car rien de nouveau depuis les romains) mais avant tout par la puissance d’Internet.

    La concurrence, n’en déplaise à certaine, est un bienfait et pas un fléau.
    En tant que consommatrice lambda, je suis ravie d’avoir le choix et la liberté (encore) d’acheter si je veux des produits chinois ou turcs ou alors français. La concurrence permet de relever le niveau d’exigence, de faire preuve d’audace (justement) et d’inventivité. Puisque vous avez la supériorité intrinsèque que vous octroie votre nationalité et votre “made in France”, vous avez donc là un élément différenciateur. De quoi vous vous plaignez puisque vous êtes unique, pas de comparaison possible donc pas de concurrence forcément déloyale ?

    Le prix n’est pas la valeur, or, tout le monde confond. Il y a le prix qui est la valeur d’échange et la valeur d’usage qui est la valeur “pour soi”.
    Un grand prospectiviste Marc HALEVY (à lire absolument si vous voulez comprendre notre monde) relatait cette anecdote suivante :
    Son oncle tenait une boutique de vêtements pour dames. Une cliente rentre dans la boutique et flashe sur une robe rouge qu’elle essaie.
    “Elle prend “sa” robe sous le bras et vient vers mon oncle :
    – Monsieur que vaut cette robe?
    – Ce qu’elle vaut, madame, je n’en sais rien. Cela dépendra de la grâce avec laquelle vous la porterez et, surtout, des yeux qui vous regarderont. Par contre, je peux vous dire à quel prix je vais vous la vendre.
    Immense leçon de commerce…. et d’économie”…

    N’est-il pas ????

  • Merci Selma pour cet article ! qui fait couler de l’encre … Mais il est vrai qu’il est primordial de l’aborder !
    J’ai vécu plus de 20 ans en dehors de la France et je me suis sentie très bien partout où j’ai vécu (Amérique latine, Afrique et Océan indien). J’ai appris une multitude de savoirs vivre aux côtés de populations très différentes en termes de coutumes que nous et cela m’a beaucoup enrichie ! Lorsque j’achète des tissus africains je les achète en Afrique, la soie je l’achète en Inde et j’ai trouvé des fringues très chouettes et de très bonne qualité dans les pays d’Asie du du Sud Est ou en Chine !
    Je reconnais que lorsque je suis arrivée pour vendre sur Etsy, j’ai utilisé le Made in France… mais je suis en train de l’abandonner car je ne pense pas (au vu des témoignages de mes clientes) que ce soit ce critère qui les encourage à acheter dans ma boutique.
    Il faut arrêter de tirer à boulets rouges sur la Chine ou l’Asie en général !
    Donc à ce niveau je suis en parfaite symbiose avec ce qu’écrit Selma !
    Par ailleurs : plusieurs problèmes sont à souligner sur le fameux Made in France :
    – quand on regarde ce que certaines “créatrices” (terme galvaudé d’ailleurs) font et vendent sous l’étiquette du Made in France … a laisse rêveuse ! les 3/4 bricolent et font plus du DIY que des créations… je n’ai rien contre mais dans la majorité des cas c’est nul ! et cela fait beaucoup de tort aux véritables créatrices ! Et puis pour celle qui tiennent au Fait Main en France, je rappelle que le DIY comprend toute la récupération “faire du neuf avec du vieux moche”. Moderniser une de ses anciennes robes pour lui donner un coup neuf pour soi OK, mais pour vendre non !
    – A l’heure actuelle, il vaudrait mieux utiliser ses dons créatifs pour vendre au niveau européen et international ! cela me paraît plus d’avant-garde que de se gaver avec du Made in France qui est bien dépassé !
    – A titre indicatif : 60% de mes ventes sont faites à l’étranger depuis 6 mois ! Pourquoi ? parce que en partie, la seule plate forme de vente existant en France (ALM) a au moins 5 ans de retard sur les plate formes américaine Etsy ou Européenne (DaWanda) techniquement parlant !
    – Pour terminer : si certaines refusent d’acheter des matières premières à l’étranger en raison de leur envoi par avion, etc. , j’espère que ces mêmes personnes ne partent pas en vacances par le même moyen de transport Ahah !!!
    Bonne soirée à toutes !

    • (Oui, justement, je prends en général le train)
      J’ai l’impression qu’on mélange joyeusement deux côtés, le made in France côté acheteur et côté créateur.
      Côté acheteur : si tes client-e-s ne sont pas sensible à l’argument, sans doute effectivement qu’il n’est pas pertinent pour toi de le mettre en avant. Pour ma part je ne mets pas spécifiquement en avant “made in France” en ces termes, mais je fais le lien avec l’endroit où je crée, parce que cela aide à mettre un visage, à créer le lien avec le vendeur pour l’acheteur, et parce que j’ai déjà eu des retours sur les habitudes d’achat de mon public qui confirment que ce public a un biais positif pour le fabriqué en France, et négatif pour le fabriqué en Asie du Sud-Est – c’est une donnée objective, je l’exploite. A l’international, la mode française a sa réputation aussi, ça veut dire encore autre chose pour le client mais ça reste un argument de vente (j’ai dit UN, pas LE).
      Côté créateur, je privilégie des fournisseurs locaux, parce que :
      – dans un nombre non négligeable de cas, ça pourrit moins la planète
      – c’est là que j’ai pu trouver les meilleures offres en terme de choix, de qualité, et même souvent – eh oui ! – de prix !
      – c’est beaucoup plus simple pour moi de passer un coup de fil dans la Loire que d’attendre un échange de mail qui mettra deux jours à cause du décalage horaire, du coup les choses sont plus fluides, et je peux avoir une plus grande transparence vis-à-vis de mes clients
      – mes client-e-s sont sensibles aussi aux matériaux que je choisis

  • Bonjour Selma et les lecteur(rices) !
    Je découvre votre blog grâce à une amie et j’en suis ravie ! bravo pour les articles !

    Ce sujet me touche énormément et je voulais contribuer à la discussion très intéressante avec mon petit commentaire.
    En ce qui me concerne, je fais du “Made in France” depuis j’ai créé ma marque, pas tant pour le crier haut et fort comme argument de vente, mais par besoin de fonctionnement personnel, ancré et local. Je pense que la base de l’acte d’achat restera toujours lié au produit et son prix, et que les arguments périphériques sont souvent là pour enfoncer le clou dans un sens ou dans l’autre. Un produit est beau et en plus il est “éthique” (autre mot fourre-tout), tant mieux ! Mais personnellement, je ne résiste pas à l’achat d’un produit qui me plaît (s’il semble intelligemment conçu) même s’il n’est pas bardé de “labels” !

    Je trouve très intéressant d’aller rencontrer d’autres artisanats et savoir-faires pour développer des produits, des collections, mais pourquoi ne peut-on le faire localement ? nous avons de magnifiques savoir faire locaux à valoriser et en ce qui me concerne, la proximité me permet surtout de passer davantage de temps avec les artisans, fabricants, tisseurs, ou autres tout au long de l’année, et pas simplement d’envoyer mes dessins dans une usine lointaine avec laquelle je n’aurai que peu d’échange…
    Malheureusement, notre artisanat français est moribond dans certains domaines (textile notamment, secteur que je connais mieux) et je trouve cela dommage! Je crois à la beauté du faire, et beaucoup de beaux métiers ne sont maintenant plus accessibles qu’aux domaines du luxe, et pas aux créateurs qui vendent à des prix plus accessibles… Mon constat aujourd’hui : je ne sais pas s’il faut suivre la marche du monde tel qu’il va ou s’il faut essayer de “sauver” certains “résistants” de ce secteurs (je parle encore de mon expérience, dans le tricotage, la teinture, le tissage, etc…).

    Faire faire ailleurs, pourquoi pas ! mais cela ne fait qu’augmenter mon impact carbone ;)

    Bonne création à tou(te)s !

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