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Vivre de sa passion? Ah non!

Phénomène de mode, et/ou miroir aux alouettes ? Voyons si c’est réaliste, de baser une offre commerciale sur ce qui nous passionne.

Vivre de sa passion? C’est dans l’air du temps.

Face à la morosité ambiante, on fait miroiter entrepreneuriat comme la solution.

Ça m’agace!

Parce qu’en vrai, comment ça se passe?

Est-ce que c’est possible, de vivre de sa passion?

Est-ce que c’est réaliste, de baser une offre commerciale sur ce qui nous passionne?

Clairement : non!

Alors, qu’est-ce qu’on fait?

Pour commencer, creuse sous la surface

  • Quand un client achète ce que tu vends, ça ne dépend pas qu’en partie de ton travail lui-même. Sa décision d’achat est liée à son passé : une ribambelle d’émotions, de vécus, d’expériences. Sa décision est aussi étroitement liée à son présent, et à ce qui lui pose problème aujourd’hui.
  • Enfin, sa décision d’achat est liée au futur dans lequel il se projette : ton client met sur sa liste de choses à faire ce qui va le rapprocher de l’image qu’il veut avoir/donner de lui même, du futur qu’il veut créer pour lui et pour ses proches. Pour aller au fond des choses : tout ce que ton client met sur sa liste de choses à faire vient des sentiments qu’il veut éprouver :

« Sans exception : tout ce que nous mettons sur notre liste de choses à faire vient des sentiments que nous voulons éprouver.

Tu manges ce que tu manges, tu fais ce que tu fais, tu fréquentes qui tu fréquentes, tu dis ce que tu dis parce que tu crois que chacune de ces actions va provoquer quelque chose d’agréable en toi.

Nous faisons ce que nous faisons pour nous sentir bien. »

– Danielle Laporte

Ta passion peut te freiner

  • Pour produire un message qui vaut la peine d’être lu/entendu/partagé, pour créer des produits et services qui valent la peine d’être achetés/offerts, ta passion ne suffit pas.
  • Elle peut même te freiner. Parce que si tu es tellement passionné-e par ce que tu fais, tu peux te perdre dedans, et oublier pour qui tu fais tout ça. Tu peux perdre un temps infini à peaufiner des détails qui n’ont pas d’importance pour tes clients. Tu peux rester le nez tellement collé à ton guidon que tu peux passer à côté de ce qui compte réellement pour eux.
La passion ne suffit pas. Ce n'est que le ticket d'entrée ! #entrepreneurs #réussirClick to Tweet
  • Tu risques aussi de ne pas comprendre ce que ton travail apporte aux autres. Comme tu ne vois pas le temps passé dans ton bureau/cabinet, tu as presque l’impression que les autres pourraient faire pareil s’ils s’en donnaient la peine, tu as du mal à fixer tes prix. Et tu sous-estimes ton impact.
  • L’autre problème, c’est que ta passion te rend aveugle sur tes erreurs. Sur ce qui ne marchera jamais, sur ce qui devrait absolument être retravaillé, amélioré ou abandonné.

Vivre de sa passion : nan mais ffffff !

  • Un des plus grands malentendus que je vois peser sur la relation commerciale, c’est le concept de client idéal – un profil construit à partir de ce qu’on croit savoir sur sa cible + de ce qu’on imagine se passer dans sa tête. Un client tellement idéal, qu’il en devient la version business du Prince Charmant en fait.
  • Forcément, ce client idéal-là ne mène nulle part. On ne peut pas construire son offre, ses prix, son activité sur des suppositions + sur ce qu’on imagine que les clients veulent.
Vivre de sa passion, c'est la version business du Prince Charmant #entrepreneurs #réussirClick to Tweet
  • On ne peut que partir sur des certitudes : ce qu’on est certain que les clients disent/pensent/ressentent/entendent/voient. A partir de là, on peut bâtir des hypothèses de produits et services inspirés par notre passion, puis tester ses hypothèses sur de vrais clients –  pas des profils imaginaires. Et améliorer le produit, le service, le message qui va avec, la communication, l’offre commerciale.
  • Ton client a une vie. Il s’agit donc de comprendre ce qui se passe dans cette vie-là, indépendamment de ton travail. Ta passion pour ce que tu fais? Ce n’est pas ce qui lui donne envie d’acheter.
  • Ce qui te passionne t’inspire, et c’est formidable. Pour le reste, garde le doigt sur le pouls de ta clientèle.
  • Une relation commerciale saine peut être nourrie par ta passion, mais elle sera fondée sur tes clients, sur le service que ton travail leur apporte. Ta passion est une énergie qui va infuser tes produits, tes services. C’est le ticket d’entrée.

Ce que le client achète, c’est un service

  • Ce que le client achète, c’est un service : oui, que tu vendes des produits, des prestations ou des services au 1er sens du terme ! En tant que client, on achète un outil pour résoudre un problème, concrétiser une aspiration: si ton travail te passionne tant mieux (j’espère quand même hein, sinon tu vas t’ennuyer), mais chacun achète par rapport à lui-même, il achète la solution d’une problématique, la matérialisation d’une envie.
  • Tu es phytothérapeute? Tu rends service à tes clients en leur offrant une alternative aux médicaments, un moyen de gérer leur stress, de vivre mieux et aussi l’opportunité de consommer différemment.
  • Tu es styliste? Tu rends service à tes clients en les aidant à exprimer leur personnalité avec leur style.
  • Tu es décorateur? Tu rends service grâce à des sélections qui personnalisent un intérieur, reflètent des goûts et des valeurs, et qui, selon ton style, inspirent, font voyager.
Quoi que tu vendes : ce que le client achète, c'est un service #entrepreneurs #communicationClick to Tweet

***

Tu veux créer des produits et services dont tes clients ont besoin, écrire des descriptions produits et services efficaces, publier des articles qui seront lus/commentés/partagés, faire la différence et vendre mieux? Tu dois savoir ce qui se passe dans la tête de tes clients, et parler le même langage qu’eux!

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***

Et toi? Quel service est-ce que tu rends à tes clients?

{ 27 commentaires… add one }
  • Evelyne

    Oups ! Et bien justement je ne sais pas trop ce que je rends à mes clients car je débute et je m’aperçois que je pars dans tous les sens.
    J’aimerais leur rendre un mélange de couleurs et leur permettre de conserver ou restaurer leur côté enfantin !

    • Bonjour Evelyne! Bonne piste que celle de la restauration/conservation du côté enfantin :-)

      • Evelyne

        Merci, ta réponse est encourageante.

  • Trèsbon article comme toujours Selma. Un moderato cependant : je travaille sur le client idéal avec mes clientes et enrichi par un positionnement limpide c est un outil très efficace pour ne pas se perdre dans la course aux clients et miser sur les clients intéressants pour soi et pour son activité.

    • Hello Aurélie! Merci ^_^ Ah oui, le client idéal est un profil qui peut être très utile, ou pas du tout, selon la manière dont on l’utilise :-)

  • Celia Pascaud-Clement

    Merci pour cet article qui me plonge dans ma réalité !

    Je rends service à mes clients parce que je leur permets de faciliter l’organisation de leur fête, de faire de ce jour si spécial un des plus beaux jours de leur année.

  • Delphine

    Et voilà Selma, toujours le doigt sur la problématique du moment…
    J’essaie de surmonter cette étape, non sans difficultés, d’identifier mes clientes potentielles pour ensuite les questionner !!
    Merci pour cet article ;)

    • Héhé :-) Plus ça va, moins c’est difficile, tu verras!

  • Roseline

    bonjour Selma

    j’aime bien le titre de ce sujet, vivre de sa passion, pas possible pour tout ce que tu as énoncé. les personnes que je croise sur les marchés et qui veulent faire comme moi, sont comme moi j’ai été, c’est à dire dans le rêve.

    la passion se transforme très vite en délais pour réaliser ce qu’on avait prévu de faire à temps, en calcul pour voir si telle création va être rentable, réfléchir à tout ce qu’on va mettre en place pour vendre. bref on se transforme en business woman petit à petit. affaire et passion font un mauvais ménage, et je me suis remise en question souvent. il faut larguer tout ce qui est chronophage et qui ne se vend pas et c’est pas facile car souvent c’est ce qui nous a fait craquer au départ et ce pourquoi on a pris la décision de travailler avec ses talents.

    bien sur je suis toujours moi-même et je garde dans un coin de ma tête tout ce que je peux faire qui me fait rêver et qui font souvent rêver les clientes qui craquent sur mes bijoux.

    souvent on ne sait pas pourquoi, on pensait qu’un article allait plaire aux enfants et ce sont les quadragénaires qui les achète pour elle. on s’aperçoit que tel autre article ne plait pas car il a une trop grande dimension, en plus petit, il plait beaucoup plus. c’est ça dont il faut prendre l’importance, proposer et ajuster ensuite si ça ne plait pas mais ne pas se lancer dans le vide en attendant les résultats.

    j’espère que ma petite expérience vous a rendu service

    bonne journée

    Roseline qui continue sur sa lancée :)

    • Bonjour Roseline! En fait, passion et business peuvent faire très bon ménage, quand la passion inspire le business, lequel implique réflexion + stratégie + ajustements, comme tu dis!

  • Marion

    La passion c’est bien, c’est même nécessaire je pense, mais ça ne suffit pas, je suis d’accord avec toi, il faut prendre un peu de recul !
    La bonne nouvelle, c’est qu’on peut aussi se passionner pour d’autres aspects du boulot, personnellement voir le visage d’une cliente s’éclairer quand elle enfile la robe qu’elle voulait et qu’elle se trouve belle et bien dedans, c’est juste magique :)

    • Oh oui, l’enthousiasme et la passion sont nourris/renouvellés par les échanges avec les clients : merci pour ce partage Marion!

  • Bonjour,

    Je suis vraiment une personne passionnée depuis l’enfance par la terre et pourtant je déteste de plus en plus qu’on me parle de passion.
    Je trouve le terme réducteur surtout il représente qu’une partie de l’histoire de mon entreprise.

    Il y a deux semaines j’ai eu une commande d’une Canadienne un cadeau très symbolique (feuille érable en porcelaine) pour son père qui vit en Chine, la cliente m’a demandé d’écrire un message pour son père qui accompagne ma porcelaine. Quand j’ai reçu le message et encore maintenant j’en suis complètement bouleversée, une véritable lettre d’amour magnifique d’une fille à son père. J’ai compris une chose importante je vends pas une porcelaine, je vends pas ma passion, je vends autre chose et là en l’occurrence je vends le symbole d’un message d’amour.

    Par contre je suis très entière dans mes choix pour mon entreprise et si il y a pas l’envie la passion derrière (sauf pour le côté administratif) je refuse de le faire.

    Bonne soirée.

    • Bonjour Arye! On est bien d’accord : à un certain point, parler de passion devient réducteur, pour un tas d’implications surlesquelles je reviendrai sûrement dans un autre article :-)
      Tu fais très bien de placer la passion comme pré-requis pour tes choix : on ne sent lance pas en indépendant pour se retrouver à faire ce qui ne nous convient pas, ce serait dommage! Et merci d’avoir partagé l’histoire formidable de la feuille d’érable partie en Chine :-)

    • Emma

      Oh Arye, je venais à peine de lire ce commentaire sans voir ton nom que je savais déjà que c’était toi qui écrivait.
      N’importe qui voit ce que tu fais comprend que tu vends ta passion. C’est ta signature.

      • Bonjour Emma,
        Mes clients n’achètent pas ma passion, ils achètent pour eux pour leur histoire.
        La vente en direct aide beaucoup à comprendre, je comprends mieux le pourquoi? Le pour qui? Le comment? Et je m’adapte.
        Belle journée.

  • le service rendu à mes clients ?
    Celui de pouvoir enfin respirer financièrement, d’avoir une relation saine et autonome par rapport à son budget et de pouvoir se projeter dans l’avenir… Et pouvoir se faire plaisir après !

  • carole

    Merci pour cet article! Je viens tout juste de faire une expo de mes créations et bien que tout le monde aimait ce que je faisais je n’ai eu qu’un seul client. PAr contre j’ai comprit beaucoup de choses dont l’article justement traitait! Je dois créer une stratégie impliquant ce qui marche et non sur ce que je réfère et cibler les endroits spécifiques où je trouverai le client qui s’intéressera à mes créations parce qu’il sera là pour ça!…entre autres!
    C’est vraiment important de se remettre en question. Merci pour tous ces conseils judicieux!

    • Bonjour Carole! Il s’agirait plutôt d’une stratégie pour combiner ce qui marche avec ce que tu préfères, plutôt que de s’y substituer :-)

  • Bonsoir,
    Merci pour cet article très intéressant.
    Moi, je donne du temps, de l’écoute.
    J’offre le service de reconnecter les gens à ce qui est essentiel entre eux, à les reconnecter à leur Sagesse.
    Parfois je manque de clarté, parce que je suis multipassionnée, par tous les aspects de la guérison, et parfois, mon offre n’est pas claire et limpide.
    J’essaie actuellement de voir ce que je peux enlever ou garder, mais ce n’est pas simple pour moi… ;)

    • Mmmmm! Très intéressant Isabelle! Pour clarifier tout ça, tu pourrais te faire accompagner :-D

  • Marie

    Coucou Selma,
    Que c’est bon de te lire , ça fait du bien de trouver de riches conseils car mine de rien, la tête dans le guidon, on fonce dans une direction qui malheureusement n’est pas la bonne ! Je te lis, je rectifie le tire et c’est reparti pour de nouvelles aventures !
    Je pensais à toi la semaine dernière en allant à la Fnac… Je suis entrain de dévorer “3 kifs par jour”!!!
    Un grand merci pour tes articles ! Bon we

  • je viens de lire ton article que je ne connaissais pas.
    Je fait un chemin à l’envers en m’inscrivant à ton atelier gratuit, car je suis déjà inscrit à ta formation pour la page de vente.
    Comme quoi elle était bien faite puisque c’est elle qui m’a fait passé directement à l’action.
    D’ailleurs je ne sais plus comment elle arrivée chez moi mais elle tombait à pic au moment du lancement de ma page de vente.
    Maintenant en ce qui concerne ton article, il est tellement clair, et juste qu’il suffit à lui-même pour se remettre en question. En effet j’ai lu quelque part que le client idéal, serait ce que nous sommes nous même, ça paraissait juste… J’aime la musique, je suis musicien, je vend ma musique je vie de ma passion… Et j’attire les clients qui me ressemble… Idem j’aime la peinture… Et voilà que tu viens mettre tes pieds dans un plat si bien développé chez les marketeur: “ça m’agace” dis-tu. Et tu as aussi raison! l’autre ce n’est pas toi, il vient chez-toi peut être pour autre chose que ta passion, il a une autre histoire, donc d’autre besoin… Et c’est tout aussi juste. Alors comment on fait? Quand je me suis lancé dans mon projet, c’était surtout pour partager ma passion, mais il avait aussi c’est arrière fond “d’en vivre”. Alors en bon élève, j’ai commencé à donner des modules gratuits, répondre aux commentaires (plus de 400 à ce jour!) Et puis comme tu l’expliques si bien, arrive le passage à écrire sa page de vente… Alors la!!! j’ai ramé, vendre de la passion! comment est-ce possible? Comment mettre un prix à ce qui n’a pas de prix… J’ai mis plus de 3 mois pour passer à l’acte du gratuit au payant. .. Et je me suis planté! C’est de l’instantané, c’est a la lecture de ton article que j’ai compris en quoi je me suis planté dans mon objectif “clients”…
    J’ai mis en vente ce qui est ma passion dans la vision de ma mission…
    C’est dur d’en arrivé là après 1 an de casse tête technique, de formation pour réapprendre les rouage de la communication internet…
    Mais toujours dans l’instantané, c’est ainsi que je me suis lancé, résultats des courses, entre le gratuit et le payant c’est plutôt tiède. Mais! Même si l’objectif nombre n’est pas au rendez-vous, je me retrouve avec des “participants” que je nomme partenaire qui vivent la même passion. Gagant? Perdant? Qui sait? Elie de Coachingexistentiel.com

  • Bonjour Selma,

    Super article, bravo !

    Moi j’aide mes élèves à gérer leur stress et vivre en toute sérénité grâce à mes cours de Yoga et de méditation :-)

    A très vite,
    Claudia de YogaPassion

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